Politique

Démission et morale : l’épreuve de l’éthique face aux jouissances du pouvoir (une tribune du professeur Simon-Narcisse Tomety)

Dans un continent où l’attachement aux privilèges prime sur la responsabilité morale, la démission demeure un acte rare et méprisé. Pourtant, elle est une affirmation de dignité et une arme contre l’érosion des valeurs collectives. Simon-Narcisse Tomety dissèque cette faiblesse de l’Africain jouisseur face à l’éthique et à la morale.

La démission et l’éthique de la morale : un point faible de l’Africain jouisseur.

La démission est la plus haute estime de soi, la correction volontaire de ses abus insupportables à la morale de son écosystème social et institutionnel.

– La démission est un acte civique qui consacre votre respect du sacré que vous avez violé. La démission est une bataille pour la reconquête de sa dignité humaine*

. La démission est un honneur rendu à la sagesse de celui qui ne s’accroche pas comme une ventouse à une indignité et un hommage à la pudeur : tout n’est pas permis et c’est cela la force de l’éthique comme en sont incapables surtout ceux qui ont une addiction à l’hédonisme des délices de la chair et du pouvoir éphémère.

– Tout honneur lavé est une élévation dans l’élégance du cœur et une régénération rafraîchissante de son état d’esprit.

Démissionner, c’est savoir partir avant l’enlisement et le passage d’une tempête.

L’africain fut communautariste et un grand consommateur de la honte sans pouvoir le transformer en pudeur pour prendre conscience. Il ne sait pas passer du communautarisme de repli identitaire à l’esprit coopératif d’où la confiance est le point faible de nos interactions pour le vivre-ensemble.

– L’Africain qui exerce un poste de responsabilité dans la sphère publique préfère dormir sur un tas d’ordures au lieu d’en être l’éboueur. L’hédonisme est aussi un plaisir toxique.*On n’est ensemble sans constituer un ensemble synergique, n’épousant pas les mêmes valeurs du bien mais plus celles du mal.

Le mot loyauté est un vocable plus de compromission que de vertu.

Il faut observer le parcours, l’histoire et le profil de ceux qui utilisent ce vocable pour comprendre que leur mystification demande qu’on pince les narines et voile le visage.Il faut apprendre à ne pas accepter les promotions toxiques des couvents. Si vous vous retrouvez à la table du couvert, soyez des êtres de principes pour partir au bon moment sans accumuler trop de crasses.

La compromission est un piège du persécuteur. Il y a très peu de leaders désintéressés en Afrique*. Bon à savoir d’où l’épuisement des écosystèmes africains des rapports de force entretenus par des opportunistes qui sont prêts à toutes les indécences et les excès de zèle pour être au soleil qui ne leur sera jamais au zénith.

– Les fausses gloires sont comme des fleurs fanées.

Nous tolérons par crainte de nuisance plus la malveillance que la bienveillance. Dans une société de manipulation, un roublard ne démissionne pas et il y aura toujours des gens pour saluer et encourager ses bêtises. Nous Africains surtout Béninois, voilà un cas inspirant de sagesse qui interpelle nos cultes des indécences.

– La démission participe de la moralisation de la vie publique. De l’impossible, nul n’est tenu et de surcroît, nul n’est une île.

Il faut enseigner la démission comme une valeur sociale noble à l’enfance, à l’adolescence et à la jeunesse. Chaque démission est un salut collectif, une thérapie collective.

La démission lave le péché collectif car on ne démissionne que pour l’intérêt pour le bien commun et par souci d’humanisme. Il y a des défauts qui sont autodestructeurs mais rongent par orgueil et pour s’en débarrasser, il faut de la lucidité, du détachement et de l’audace pour sauver les autres. Nous sommes tous perfectibles et les plus hypocrites c’est ceux qui s’accrochent par escalades sans fin du mur de l’éthique et ne veulent pas quitter.

A force de jouer au puits, on finit par devenir un puisard avec ses puanteurs qui attirent les grosses mouches. – Pouvoir quitter les choses avant que les choses ne vous quittent est une force dynamogène.

Simon-Narcisse TOMETY

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